La cire est le seul ingrédient qu'on ne sent pas et qu'on ne voit presque pas. C'est pourtant elle qui décide de la tenue du parfum, de la régularité de la flamme et de l'aspect de la surface après le premier allumage. Voici ce qui existe, ce que nous coulons rue Pelleport, et ce que nous préparons.

Les grandes familles de cires
La paraffine est un dérivé du pétrole. Elle coûte peu, tient bien le parfum et reste majoritaire dans l'industrie. Nous ne l'utilisons pas.
La stéarine sert de durcisseur. Celle qu'on trouve couramment, y compris sous l'appellation végétale, est issue de l'huile de palme. C'est une matière efficace et bon marché, et c'est exactement pour cette raison qu'il faut lire les fiches avant d'acheter.
Le soja est la cire végétale la plus répandue. Elle fond bas, brûle lentement et pardonne beaucoup, ce qui en fait une base fiable.
Le colza donne une cire plus dure, adaptée aux bougies moulées et aux fondants, souvent associée à une autre cire pour améliorer la diffusion.
La coco donne une surface lisse et blanche, une très bonne restitution du parfum, et un point de fusion bas qui la rend agréable en contenant.
L'olive et le karité sont plus récentes sur ce marché. Elles apportent chacune une teinte et une texture propres, et une adhérence au verre supérieure.
Le tournesol est la seule dont la matière première peut être majoritairement française, ce qui change la longueur de la chaîne d'approvisionnement.
La cire d'abeille, enfin, n'est pas végétale. Elle brûle longtemps et sent naturellement le miel, ce qui la rend difficile à parfumer.
Voilà pour les vraies. Les participants nous proposent régulièrement d'autres pistes, la cire d'oreille d'éléphant reste la plus mémorable. Rendement décevant.
Ce que nous coulons aujourd'hui
La cire de karité est notre base pour les bougies en contenant. Nous l'achetons en sacs de 20 kg auprès d'une entreprise française. Elle est issue du beurre de karité, végétale, biodégradable et végane, sans soja, sans huile de palme, sans paraffine et sans OGM. Elle donne cette teinte ivoire que vous voyez dans les verres, adhère remarquablement au verre et accepte jusqu'à 12 % de parfum.

La cire de tournesol vient elle aussi d'un fournisseur français. Elle est issue d'huile de tournesol hydrogénée, sans OGM, sans additifs, et majoritairement d'origine française. Son fabricant déclare la matière première conforme aux référentiels Ecocert et Cosmos. Nous ne revendiquons aucune certification sur nos bougies : la conformité porte sur la matière, pas sur notre atelier. La distinction compte, et peu de monde la fait.
La cire de soja entre dans les bougies que vous fabriquez en atelier. C'est un choix de combustion : en deux heures, avec des participants qui découvrent le geste, il faut une cire qui pardonne les écarts de température et qui brûle proprement même si la mèche n'est pas parfaitement centrée. Le soja fait ce travail mieux que les autres.


Une précision que nous préférons donner nous-mêmes : le soja n'est pas cultivé en France. C'est le compromis que nous assumons aujourd'hui, et c'est l'une des raisons pour lesquelles nous travaillons à notre propre cire.
La cire que nous développons
Nous voulons une cire maison, à base d'huile de colza hydrogénée, approvisionnée en filière française, et sans huile de palme.
Trois exigences guident ce travail, et elles écartent la plupart des offres du marché.
- Une matière, un fabricant. Un distributeur qui s'approvisionne chez deux producteurs selon les arrivages ne peut pas garantir qu'un lot ressemblera au suivant. Nous voulons savoir qui fabrique.
- Des caractéristiques déclarées. Point de fusion, indice d'iode, acides gras libres, statut de désodorisation. Sans ces valeurs, on ne peut ni régler une mèche, ni tenir un dossier de conformité. Beaucoup d'huiles hydrogénées bon marché viennent du marché de l'alimentation animale et ne les fournissent pas.
- Pas de palme, y compris déguisée. La stéarine dite végétale en est le meilleur exemple. Le durcisseur que nous cherchons doit être un corps gras dont nous connaissons l'origine, même s'il coûte plus cher au kilo.
Nous ne donnerons pas de formule avant d'avoir des tests de combustion à montrer, ni de date tant que les essais ne sont pas terminés. Une bougie se juge sur le troisième allumage, pas sur une annonce.
Pourquoi nous nous imposons ça
Nous vendons un savoir-faire avant de vendre un objet. Difficile de transmettre une matière qu'on ne connaît pas soi-même. Quand un participant demande d'où vient la cire qu'il tient dans les mains, nous voulons pouvoir dire d'où elle vient, pas réciter une brochure.
C'est aussi ce que vous vérifiez en atelier : vous voyez les sacs, vous lisez les étiquettes, vous posez vos questions pendant que la cire fond.